

















Mardi 28
août 2007, quatre jeunes filles se tenant par la main traversent la route à
Mirabel, pour aller voir des poussins. Trois d’entre elles sont percutées
par un automobiliste qu’elles n’ont pas vu venir. Claudie, notre petite
fille de 13 ans, était de ce nombre. Retrouvée inconsciente sur la chaussée,
elle fut transportée d’urgence à l’Hôtel-Dieu de St-Jérôme et dirigée par la
suite à l’Hôpital Ste-Justine de Montréal, en raison de la gravité de son
état. Elle a subi un traumatisme crânien sévère.
Elle est
hospitalisée aux soins intensifs pédiatriques où une équipe d’intervenants
médicaux met tout en œuvre pour lui sauver la vie.
Nous, sa famille, la
veillons également jour et nuit, toujours en espérant une amélioration de son
état. Malheureusement, la blessure la plus importante se situe au
niveau de son crâne. La pression au niveau du cerveau est bien au-delà des
limites de la normale, malgré différentes interventions de la part de l’équipe
médicale. Malheureusement le pronostic s’assombri de jour en jour. On lui
fait passer de nombreux examens pour vérifier l’activité cérébrale. Suite
à ces examens, le neurochirurgien ainsi que l’intensiviste en chef nous
rencontre en particulier pour nous confirmer les résultats de ces examens
et le diagnostic final tombe: il y a mort cérébral de notre petite
Claudie. Il n’y a pas de mots pour exprimer la tristesse qui envahie un
cœur de parent à ce moment-là. Tu réalises qu’il n’y a plus d’espoir de la
ramener à la maison, qu’elle ne survivra pas. La vie familiale vient
complètement de basculer à l’annonce d’une telle nouvelle.
C’est le
travailleur social qui nous aborde d’abord, tout en douceur et respect, et nous
informe au sujet du don d’organes. Nous n’étions pas sensibilisés à cette
cause, même que nos cartes n’étaient pas autographiées. Nous n’en avions
jamais parlé auparavant en famille et quand tu as à prendre cette décision, dans
de pareils moments, c’est plutôt pénible. On nous a laissé tout notre
temps pour réfléchir à cela, on ne nous a pas précipité à prendre une
décision.
En compagnie de notre fils,
Guillaume, nous avons fait le bon choix, celui de donner les organes de notre
petite fille Claudie. Sa mort n’aura pas été inutile. C’est en quelque
sorte, son bel héritage qu’elle nous laisse ici bas. C’est un don d’amour,
un don de vie.
Au moment de notre décision; cinq jours s’étaient déjà
écoulés à Ste-Justine. Nous avons décidé en famille, que la 6e
journée nous la laisserions s’envoler à la même heure qu’elle est née, soit à
10h.45 du matin. La quitter quand elle est encore toute chaude comme si elle ne
faisait que dormir, fut un des moments les plus difficiles à vivre. Mais
nous savions que toute une logistique se mettait en branle pour sauver d’autres
vies grâce à son don d’organes.
Environ dix heures plus tard, nous
apprenions par téléphone, que les organes de Claudie avaient été transplantés
avec succès sur 5 autres personnes : le foie chez une petite fille de 2
mois qui était dans un état précaire à Ste-Justine, les 2 reins et le pancréas
sur 2 personnes différentes à l’Hôpital Notre-Dame de Montréal. Les
poumons chez une personne à Toronto et le cœur fut transplanté à l’Hôtel-Dieu de
Québec.
Aujourd’hui, 4 des 5 receveurs de notre fille nous ont donné
signe de vie par l’entremise de lettres et nous avons eu la chance de rencontrer
2 de ces receveurs, par un concours de circonstances.
Nous sommes heureux
de les savoir en santé et de leur avoir donné l’espoir d’une vie
meilleure. Alors aujourd’hui avec le recul, nous constatons qu’avoir dit
non au don d’organes, nous serions passés à côté de quelque chose de très
important. Ceci nous a énormément aidés dans notre processus de
deuil. Alors, n’hésitez pas à signer votre carte d’assurance-maladie.
Signez pour le don d’organes, c’est signer pour l’amour de la vie
!
Les parents de Claudie Bourassa,
Michel
Bourassa,
Bernadette Labbé,
